Chalets de montagne

S’ils avaient su combien nous aimons leurs chalets, les paysans d’antan ne l’auraient pas cru, eux qui rêvaient sûrement (les femmes ?) du confort moderne, eau courante et électricité inclus !

L’habitat montagnard, où qu’il soit situé, part toujours  de la même base : pendant longtemps, l’abri principal est la « maison-outils ». La maison qui sert aussi bien à loger les gens que les bêtes, ou encore le matériel agricole. « Les gens ne vivaient pas d’autre chose que de l’agriculture » explique Guillaume Sevessand, architecte DPLG et charpentier. « La typologie évolue en fonction des matières premières locales : les chalets sont conçus d’après les matériaux de cueillette. En Tarentaise, ils sont de pierre, en Beaufortain, de bois. Les chalets s’implantent en fonction des sources d’eau : en Val d’Arly, elle était partout, ce n’était pas un souci mais dans la vallée de la Guisane, par exemple, les habitations se trouvent en fond de vallée, près du précieux liquide. »

Le savoir-faire local, ou les habitudes des artisans étrangers, fait le reste : à Montvalezan-La Rosière, par exemple, les Italiens viennent tailler les pierres, l’architecture du lieu s’en ressent toujours. Les vieilles bâtisses de Chamonix ou Megève racontent toujours cette grille de lecture architecturale simple, efficace. Les plus anciens bâtiments de Courchevel, eux, racontent une toute autre histoire : « La station s’est construite ex nihilo sur une décision politique. Les constructions répondaient à une problématique autre : comment construire rapidement (entre les périodes enneigées) et rationnellement ? On voit apparaître, comme aux Arcs ou en Maurienne, des toits-papillons, des toits mono-pentes, des toits plats poursuit l’architecte savoyard, qui travaille sur l’intégration d’habitats contemporains au bâti ancien. Question toit, si les pentes sont si variables en montagne, c’est encore une fois l’impact du matériau utilisé : raide, pour la chaume, pour faire couler l’eau ; peu prononcé, pour la lauze, qui ne pourrait pas tenir, sinon, en raison de son poids. Une couverture en tavaillons (petites tuiles de bois) connaît bien moins de contraintes : le bois sait se faire léger !

Les systèmes constructifs sont donc fonction de qu’on trouve à disposition à une journée de marche, au maximum, et ils tiennent compte de tous les travaux des champs : de longs balcons sont destinés à faire sécher le foin ou les pommes de terre, les granges, très vastes, recueillent l’herbe sèche qui permettra au troupeau de survivre durant les rudes hivers. Enfin, impossible d’évoquer le chalet de montagne sans parler de son petit frère : le mazot ou grenier, réplique miniature et voisine, chargée à l’origine de protéger les biens les plus précieux, tenus à l’écart des risques d’incendie. Et n’oublions pas non plus le bassin, ou bachal, où on peut abreuver les bêtes et laver le linge. Des symboles encore bien présents dans nos montagnes françaises.

Par Myriam Cornu

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